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OGM

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Mise à jour le 04 04 2016

Les cellules souches embryonnaires, le clonage, le nucléaire… comme les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM),  sont des innovations technologiques qui ressortent de choix de société car les avantages espérés sont en balance avec de sérieux inconvénients.
La pratique OGM en laboratoire, initiée dans les années 1980 à des fins pharmacologiques et médicales, a démontré son efficacité sans présenter d’inconvénients majeurs. Il s’agit bien là d’un indubitable progrès, comme la découverte des vaccins par exemple.
Il n’en est pas de même pour les OGM destinés à l’alimentation animale ou humaine. En Europe et en France particulièrement, la culture de plein champ d’OGM (maïs), la consommation d’aliments OGM ou issus d’animaux engraissés aux OGM, nourrissent un vif débat et posent la question de leur nécessité. Leurs détracteurs ont-ils de vraies raisons sanitaires, écologiques, agronomiques, sociales et éthiques, pour s’y opposer, jusqu’à  encourager, tels les « faucheurs volontaires »,  la désobéissance civique ?

 

L’AUTEUR ET LE LIVRE
Le Docteur en biologie Christian VELOT, chercheur en génétique, dans son livre « OGM tout s’explique » (Ed. Goutte de Sable 240 p, 20 €) donne un éclairage  pédagogique sur ce sujet compliqué et des mises en garde contre ces manipulations du vivant. Après un rappel de la structure et de la biochimie de la cellule  avec ses chromosomes et ses gènes, il expose simplement les secrets de la transgénèse et ses applications dont  le texte ci-après s’inspire très largement. Maître de conférence en génétique à Paris-Sud, responsable de l’IGM (Institut de la Génétique  et Microbiologie) à Orsay, membre du CRIIGEN (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie Génétique), il dénonce violemment, s’appuyant sur des arguments forts et nombreux, l’usage des OGM pour l’alimentation. Concepteur d’OGM de laboratoire  pour étudier le fonctionnement des gènes, il critique de l’intérieur, s’oppose à cette dérive de la science et, par là même, aux « VRP des OGM tous azimuts » à la solde de l’industrie et de la finance. C’est ce qui rend l’ouvrage aussi crédible que passionnant.
A la suite de ses déclarations en 2008 dans le débat sur ARTE qui a suivi l’émission de Marie Monique ROBIN « Le Monde de MONSANTO », sa direction l’a destitué de ses fonctions. Après une pétition nationale (50 000 signatures) et une longue marche des anti-OGM – dont les faucheurs volontaires qu’il défend comme témoin expert dans les procès – jusqu’à son bureau le 25 06 2008, il retrouve son poste. Dans son combat courageux, il est soutenu par deux chercheurs réputés qui préfacent son livre : Pr Jacques TESTART, agronome, père de la FIV en France (1982) et  Pr Gilles-Eric SERALINI, professeur de génétique moléculaire à l’Université de Caen, président du conseil scientifique du CRIIGEN et auteur d’une étude expérimentale démontrant la dangerosité des  OGM sur les rats.

Le lecteur trouvera aussi des compléments à l’ouvrage tels, OGM et œnologie, effet PUSZTAÏ, OGM et la faim dans le monde, la position de l’Europe. Ainsi que des annexes (compléments aux éléments de génétique et synthèse des protéines) qui rendent compte encore plus de la complexité des mécanismes biochimiques cellulaires et donc de la vulnérabilité à toute mutation naturelle et surtout à toute intervention artificielle sur le génome.

Les mots* avec un astérisque renvoient aux annexes.

ELEMENTS DE GENETIQUE
      Le Génome
Pour comprendre les risques de la transgenèse inhérents à la manipulation du vivant, il est indispensable de faire un voyage dans l’intimité de la cellule, unité de base de tous les êtres vivants uni ou pluricellulaires. Une cellule animale, végétale ou microbienne est constituée d’une membrane extérieure et d’un noyau baignant dans du liquide interstitiel, le cytoplasme. Le noyau contient l’information nécessaire à la vie et à la reproduction. Elle est inscrite dans la double hélice de chromosomes (2 x 23 chez l’homme, 2 x 21 chez le rat), constitués de gènes qui détiennent le secret de fabrication des protéines*, éléments constitutifs de nos tissus et agents biochimiques dans la cellule et à distance (hormones…). La séquence codante du gène correspond à une succession de nucléotides* et plus particulièrement à la succession des acides aminés (bases) qui les composent : Adénine (A), Guanine (G), Thymine (T), Cytosine (C). Chaque gène initie la synthèse d’une protéine selon deux phases successives, la transcription* dans le noyau et la traduction* dans des organites cytoplasmiques spécifiques hors du noyau, qui relèvent d’une machinerie biochimique très complexe. Le processus se termine par une phase capitale : le repliement* de la protéine, qui lui donne une configuration spatiale très précise ayant une importance aussi grande pour ses fonctions que sa nature chimique.
Le langage génétique A G C T est universel. Un gène humain d’une cellule pancréatique qui produit de l’insuline, par exemple, pourra être introduit dans le génome d’une bactérie qui fabriquer cette hormone vitale pour les diabétiques insulinodépendants. Un poisson pourra « lire » un gène de fraise qui produit une protéine particulière ou du maïs un gène de bactérie… ! Cette découverte est fascinante car elle traduit l’unité du monde vivant mais elle ouvre aussi la boîte de Pandore
       
La transgenèse

Le canon à gènes. Une CGA (issue du génome d’une cellule pancréatique humaine par exemple) est mise en solution avec des bactéries Escherichia coli. Une courte décharge électrique (2500 Volts) pour perméabiliser la membrane cellulaire, permet à la CGA d’entrer dans les  bactéries restées vivantes (5%) puis dans leur unique chromosome. Pour franchir la membrane cellulosique des cellules végétales beaucoup plus résistante (cuticule), la CGA est  enduite de microbilles de métal et projetée à avec unélectroporationCGA) avec en amont et en aval de petits morceaux qui précèdent et terminent le gène (promoteur et terminateur). Le généticien fait appel aussi à des enzymes de restriction pour couper l’hélice d’ADN du donneur à des endroits bien précis. L’introduction du gène d’intérêt chez le receveur se pratique par Construction Génétique Artificielle (Un OGM est un organisme (microorganisme, animal ou végétal) dont le génome a été modifié par ajout (la règle en agriculture), suppression ou remplacement d’un ou de plusieurs gènes. Par nécessité technique, le gène transféré n’est pas exactement le gène naturel. On procède à une
Du fait que le gène transféré est différent du gène naturel du donneur et qu’il vient s’insérer, parfois en plusieurs exemplaires et de façon aléatoire, dans le génome du receveur comme un corps étranger, la transgénèse n’est pas une technique de précision anodine comme l’avancent les pro-OGM.

BIENFAITS DES OGM MEDICAUX, PHARMACEUTIQUES ET INDUSTRIELS
Il faut bien séparer les domaines d’application des OGM : ceux qui relèvent du domaine confiné (laboratoire), considérés comme des moyens favorables à l’homme,  et ceux destinés à l’alimentation comme une fin (les OGM dans nos assiettes). La transgénèse est pratiquée en laboratoire depuis 1970 en recherche fondamentale pour identifier les gènes, leurs fonctions, ou en médecine pour élucider la cause des maladies génétiques, sans prétendre, pour l’instant, les soigner. C’est dans le domaine pharmaceutique que la technologie a de nombreuses applications pour la production de protéines humaines, telles des hormones (insuline, hormone de croissance…) qui auparavant étaient difficiles à obtenir purifiées, des vaccins, des facteurs de coagulation…Plus de 15% de la pharmacopée est OGM sous la dénomination « protéines recombinantes » et non «protéines OGM », ce qui serait moins vendeur ! L’industrie utilise  aussi des produits OGM : protéases, lipases, cellulases pour les détergents et pour traiter les peaux ; amylases pour le tissage ; cellulases en papèterie.

LES OGM DANS L’ALIMENTATION
Depuis 1990, on cultive des OGM dits  Plantes Génétiquement Modifiés (P G M), d’abord aux Etats Unis sous l’égide de MONSANTO, puis partout dans le monde. Une cinquantaine de groupes agro-agrochimiques ont investi et en particulier après MONSANTO, DOWN CHEMICAL, DUPONT DE NEMOURS, PIONEER, SYNGENTA, BAYER, BASF, CIBA-GEIGI, NOVARTIS, LIMAGRIN, CAUSSADE, BIOGEMMA… 99% des PGM sont des plantes pesticides et concernent le maïs, le soja, le riz, le colza, le coton…
     PGM résistantes aux herbicides
80% des PGM sont tolérantes à un herbicide comme le maïs MON 832 « Roundup Ready » résistant au glyphosate de MONSANTO ou le riz long grain LL601 « Liberty Link » résistant au glufosinate de BAYER, proche du précédent, tout aussi toxique. L’herbicide circule dans la sève mais est toléré car les cellules qui ont reçu un gène de résistance à ce poison.
    PGM productrices d’un ou plusieurs insecticides
20% des PGM produisent leur propre insecticide, voire deux, pour lutter contre des prédateurs spécifiques. Le gène d’intérêt est prélevé chez une bactérie commune du sol Bacillus thurengiensis (ou Bt) qui possède le secret de la synthèse de cette protéine (toxine) tueuse d’insectes (ou Cry) comme le maïs Bt MON 810 Cry1 Ab, le seul autorisé en Europe, interdit en France, contre la pyrale et à la sésamie, ou le maïs Bt MON 863 Cry 3 Bb1 résistant à la chrysomèle. Des OGM de seconde génération associent la résistance à un herbicide et à un insecte tel le soja Bt Roundup Ready 2 Yield de MONSANTO. La troisième génération des PGM associe la tolérance à un herbicide et la production de deux insecticides. De belles usines à pesticides !
        PGM résistantes à des maladies. Il existe quelques créations de plantes OGM (salade, tabac, colza, vigne, pomme de terre…) résistantes à des maladies (virus, champignon…) mais peu sont opérationnelles en plein champ ; elles tardent à être homologuées en Europe.

La viticulture n’a pas échappé aux apprentis sorciers de la transgénèse. L’INRA aurait mis au point des porte-greffes résistants à des viroses (court-noué…),  des cépages résistants à différentes maladies (phylloxera, oïdium, excoriose, flavescence dorée…).
En œnologie on a beaucoup parlé de « Fastwine », une levure (Saccharomyces cerevisiae), OGM MLO1, dotée d’un transgène de la bactérie Oenococcus oeni responsable de la seconde fermentation (malo-lactique). Utilisée dans le Nouveau Monde, elle est capable d’accomplir les deux fermentations en même temps, alcoolique et malo-lactique, alors que jusqu’à ce jour, du moins en Europe, elles se font en deux temps et parfois avec un décalage de un ou deux mois. D’autres levures OGM pourraient acidifier à partir des sucres, produire plus de glycérol (gras), sécréter des enzymes divers, des arômes spécifiques…La boîte à outils OGM est prête mais pour l’heure la commission européenne et l’INAO pour la France y sont opposés. La levure ML 01 est autorisée aux Etats Unis depuis 2003, et 2006 au Canada. En France, le prétexte que les levures naturelles, du cru (non industrielles et de surcroît non OGM), font partie des nombreux facteurs de l’expression du Terroir, ce qui n’a jamais été démontré, nourrit une opposition farouche  chez le producteur (particulièrement en bio et obligatoirement en biodynamie) et  chez le consommateur.
        Enzymes OGM en agro-alimentaire
L’agro-alimentaire utilise des enzymes issus de bactéries génétiquement modifiés : la chymosine A (enzyme de la présure) pour cailler le lait, la trypsine pour digérer les protéines, des amylases en brasserie, en boulangerie et des levures OGM en brasserie. Rien de cette panoplie n’est autorisé à ce jour en France.
         Animaux transgéniques et autres PGM miracles
Le saumon géant (5 fois la taille normale !) et à croissance rapide (2 à 6 fois !), doté d’un gène humain de croissance, serait déjà élevé en pisciculture. Des porcs sans rejet de phosphate et de nitrate (Enviropig !) pour la Bretagne ! Des porcs riches en oméga 3 ; des porcs herbivores (déjections inodores !) ou des vaches sans mammites…ne sont qu’à l’état d’annonces médiatiques. Comme les PGM qui pousseraient sans eau, dans le sel, fixeraient l’azote de l’air (plus d’engrais) ou qui seraient riches en vitamines…

RISQUES GENETIQUES DES OGM ALIMENTAIRES
Depuis 4 milliards d’années que la vie existe, c’est la première fois qu’une espèce – la plus évoluée (a priori !) – peut « traficoter » le patrimoine héréditaire de celles qui l’entourent : un gène de la fraise dans du saumon, de l’homme dans une bactérie, une bactérie dans un végétal…Tout est possible.
A-t-on mesuré les risques génétiques à cours ou long terme de l’ingestion d’OGM pour les animaux et les hommes ?
Comme vu antérieurement, la CGA n’est pas identique au gène initial. Il est souvent excisé de séquences non codantes (exons), recomposé avec des séquences de nucléotides étrangers (promoteur, terminateur) provenant de différentes sources. Le promoteur 35 S (du virus de la mosaïque du chou-fleur) est le plus souvent utilisé pour forcer la production de la protéine, car le génome n’accepte pas spontanément un gène étranger. De plus on ne maîtrise pas le site d’insertion de la CGA dans le génome, ni le nombre d’exemplaires insérés. La transgénèse est une biotechnologie aléatoire. On ne connaît pas les répercussions de cette intrusion sur les autres gènes qui peuvent être stimulés ou inhibés, ni sur le métabolisme général de la cellule. Les nouvelles protéines du transgène vont inévitablement interférer avec la biochimie de la cellule, qui représente un véritable puzzle où tout est interconnecté avec une grande précision.

On court aussi le risque de la présence dans le tractus digestif de protéines pas  ou mal repliées*. Les effets négatifs, directs ou indirects, à court ou long terme, de la version recombinante, sont imprévisibles (voir infra p. 9 « effet PUSZTAÏ »). On a en mémoire les maladies à prion, particule infectieuse protéinique ou Prp-sp, qui résulte d’une modification de sa structure spatiale tridimensionnelle par un mauvais repliement.  Cette forme lui confère des propriétés physico-chimiques atypiques qui se traduisent par une très grande résistance aux moyens de désinfection et de stérilisation habituels (chaleur, produits chimiques, enzymes…). Le prion pathogène est à l’origine de la  maladie de la vache folle (Encéphalopathie Spongiforme Bovine) et chez l’homme de la maladie de Creutzfeld Jacob. Cette protéine acquiert des capacités d’auto-agrégation et peut ainsi former des dépôts, notamment dans les cellules du  cerveau, provoquant une mort neuronale mise en évidence dans les maladies neuro-dégénératives comme les maladies d’Alzheimer, de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique.
Le cas des OGM résistant à des virus (tabac, vigne…) pose la question du danger de la recombinaison. Le transgène est un gène viral qui protège la plante du virus et de ceux apparentés. Les virus sont connus pour leur grande plasticité par échange spontané d’ADN.  Une recombinaison entre l’ADN du virus infectant et l’ADN du gène d’intérêt produit un virus recombinant dont on ne connait rien de sa pathogénie et qui peut se révéler plus dangereux que le virus censé être combattu.

 

RISQUES SANITAIRES DES OGM ALIMENTAIRES
Intoxication directe
L’OMS estime qu’il se produit dans le monde des millions d’intoxications  aigües (en général par ingestion ou contact) par les pesticides avec un taux de mortalité allant de 0,4% à 1,9% des personnes atteintes. 70% des cas mortels touchent les agriculteurs, les premières victimes de ces poisons

Présence de pesticides dans les aliments
Aux risques génétiques que provoquent les OGM alimentaires par la CGA, s’ajoutent ceux liés à la toxicité des pesticides. Qu’il s’agisse de ceux sécrétés par les plantes Bt ou de ceux tolérés (herbicides), ils imprègnent les aliments à des doses pouvant être bien supérieures aux doses autorisées par les DJA (dose journalière admissible). Cette mesure de toxicité ne serait même pas obligatoire pour la demande d’homologation des plantes pesticides ! Et pourtant la dangerosité du « Roundup » de MONSANTO et du « Liberty-Link » de BAYER, les deux marques les plus utilisées dans le monde, a été démontrée. De nombreuses études épidémiologiques (MDRCF, PAN Europe, EPA, CIRC, MSA sur 6000 agriculteurs…) démontrent la fréquence - de 10 à 20 fois supérieure - de certaines maladies chez les agriculteurs (www.phyto-victimes.fr) : cancers, Parkinson, Alzheimer, malformations uro-génitales, infertilités, perturbations endocriniennes . L’équipe du CRIIGEN (Comité de Recherche et d’Information Indépendant sur le Génie Génétique) dirigée par le Professeur Gilles Eric SERALINI, spécialiste de la biologie moléculaire, vient de faire paraitre une nouvelle étude sur la toxicité du désherbant « Roundup » de Monsanto. « Les « Roundup » dilués dans cette recherche à des doses infinitésimales (jusqu’à 100.000 fois ou plus) endommagent les membranes et  l’ADN, empêchent la respiration cellulaire et  programment la mort en quelques heures de manière cumulative. De plus il est montré que le mélange de différents adjuvants du Roundup amplifie l’action du principe actif de l’herbicide, le glyphosate ; un de ses produits de transformation peut être encore plus toxique ». Les études de toxicité fournies pour les demandes d’homologation ne tiennent pas compte en effet du produit lui-même mais de sa matière active ! Les effets mortifères des molécules actives sont amplifiés par les adjuvants (solvant, dispersant, tensio-actif, émulateur…) qui aident à la pénétration et au maintien du produit dans la cellule végétale. Le secret industriel n’oblige pas les firmes à en livrer la composition
Toxicité des OGM sur le tractus digestif : effet PUSZTAÏ

L’effet PUSZTAÏ est un témoignage éclairant sur les conséquences sanitaires graves de l’ingestion d’une nourriture OGM. Árpád PUSZTAÏ, biochimiste d'origine hongroise, a mené de 1995 à 1998 une expérimentation  sur des rats au ROWETT RESEARCH INSTITUT d’ABERDEEN en Ecosse. Il fut ensuite licencié pour avoir déclaré à la BBC et sur ITV « On ne devrait pas utiliser les citoyens comme des cobayes ». Ayant reçu 2 millions de livres du Ministère de l’agriculture pour étudier l’impact de la nourriture OGM sur la santé, il décide avec une équipe de 30 chercheurs, de créer une pomme de terre OGM pour nourrir les rats. Il insère dans son génome un gène insecticide (la lectine du perce-neige dont il est le spécialiste mondial) qui produit une toxine contre les pucerons. Elle est connue pour être sans effet sur les rats même à des doses 1000 fois supérieures à celle synthétisée par la pomme de terre OGM. Simultanément il nourrit un groupe de rats avec la PGM et l’autre groupe avec la pomme de terre normale. Il constate :

 


 

1/ D’une lignée à l’autre, le % de lectine varie de 20% selon les plants de pomme de terre OGM, ce qui prouve l’imprécision de la technique de transgenèse (canon à gènes) et de fait la variabilité de l’expression du gène.

2/ Les différents organes des cobayes présentent des dysfonctionnements et  le système immunitaire digestif est en surchauffe, confirmant l’hypothèse que pour les rats cette pomme de terre est traitée comme un corps étranger. C’est donc la manipulation génétique, l’insertion de la CGA, qui est en cause puisque l’autre groupe de rats ne présente aucun de ces symptômes, l’innocuité de la lectine ayant été démontrée. Ses prises de positions publiques feront basculer sa carrière, bien que le sérieux de son travail  ait été confirmé par différentes instances scientifiques indépendantes. Une campagne de dénigrement a été orchestrée par la ROYAL SOCIETY dont plusieurs membres travaillent pour les firmes biotechnologiques. Un ancien administrateur de l’Institut, le Pr Robert ORSKOV, a déclaré qu’ « Au plus haut niveau, de lourdes pressions ont été exercées sur le Directeur de l’Institut car  les Américains trouvaient que notre étude portait préjudice à leur industrie de biotechnologie et particulièrement à MONSANTO »
Résistances aux antibiotiques

Certains OGM présentent en plus le risque de provoquer des résistances aux antibiotiques. Pour repérer dans les solutions les cellules végétales qui ont reçu la CGA (le gène d’intérêt) – l’incorporation avec le canon à gènes se fait de façon aléatoire - on y associe un gène de résistance aux antibiotiques  (cas de la pomme de terre AMFLORA). Les cellules non transgéniques ne résisteront pas à une forte dose d’antibiotiques alors que les autres possédant la CGA seront vivantes et pourront être multipliées. Le Pr COURVALON de l’Institut Pasteur estime que cette pratique devrait être interdite car elle contrevient à la lutte contre la résistance aux antibiotiques. Le gène peut passer dans une bactérie pathogène pour l’homme ou les animaux

RISQUES ENVIRONNEMENTAUX DES OGM ALIMENTAIRES
Pollution par les pesticides

Les exsudats racinaires et les déchets végétaux des cultures OGM diffusent dans le sol et se fixent sur les argiles avec un effet pesticide sur la flore et la faune. Les nappes phréatiques sont polluées, ainsi qu’à distance, les rivières à partir des cultures sur les bassins versants. 50% des eaux souterraines et des cours d’eau contiennent du glyphosate (« Roundup ») toxique pour la faune aquatique et nos pauvres abeilles ou certains auxiliaires utiles qui viennent butiner les fleurs des OGM ! Classé dangereux pour l’environnement, le glyphosate se présentait comme « biodégradable » et « respecte l’environnement » sur les emballages, jusqu’à l’avènement de plusieurs procès aux Etats Unis et en France démontrant une persistance importante (> 1 an) dans les sols argileux. MONSANTO a été condamné à de lourdes amendes pour publicité mensongère  et le « Roundup » a enfin été listé dans les POP (Produit Organique Persistant).
Contamination génétique des plantes conventionnelles
Il est démontré que la faune des sols cultivés avec des OGM présente des bactéries porteuses d’ADN génétiquement modifié. Par ailleurs, la coexistence de deux types d’agriculture pose la question des risques de dispersion du pollen. Des champs de mais traditionnels au Mexique, berceau de variétés anciennes, ont été contaminés par du mais Bt de MONSANTO et des champs de riz conventionnels en Louisiane par du riz « Liberty Link » de BAYER. Les firmes ont été lourdement condamnées financièrement.
Résistances aux herbicides et aux insecticides (Bt)
Les inventeurs des PGM n’avaient pas prévu que la nature ne s’apprivoise pas facilement et qu’elle  a toujours sa revanche d’une façon ou d’une autre. Tout comme l’abus d’antibiotiques, la répétition de l’emploi du « Roundup » a créé des résistances. Aux Etats-Unis, en Chine et au Brésil, une quinzaine d’adventices (pantes indésirables ou mauvaises herbes) sont devenues résistantes, malgré des doses toujours plus fortes. La plus redoutable, l’amarante de Palmer (herbe à cochon), peut atteindre 2 m de haut. Le retour aux labours  démontre, pour certains, que la culture OGM est moins idyllique que prévu. En Chine et en Inde, on voit apparaître des prédateurs résistants au coton Bt et conjointement  des maladies et des insectes nuisibles jusque là inconnus pour cette plante !

Atteinte à la biodiversité
Les caractères de compétitivité des OGM développent une concurrence déloyale vis-à-vis des variétés conventionnelles qui, a priori, ont du mal à se maintenir. La politique agressive des grandes firmes rachetant les petits semenciers traditionnels va à l’encontre du maintien ou du développement de la biodiversité. Les variétés indigènes de soja, de maïs…disparaissent et les paysans, alléchés par des promesses de forts rendements, achètent 4 à 6 fois plus cher, les semences transgéniques. « Les graines du suicide », un reportage en 2008 sur ARTE dans la célèbre émission « La vie selon MONSANTO », révèle que 400 fermiers qui cultivaient du coton Bt dans ce qu'on appelle en Inde  The Great Cotton Belt » (la Grande Ceinture du Coton), dans les États de « l'Andhra Pradesh et du Karnataka (tous les deux au sud du pays), se sont suicidés. Ces fermiers s'étaient tous endettés jusqu'au cou auprès de succursales de la compagnie indienne MAHYCO, qui leur vendaient à crédit la semence de coton Bt, les engrais, et les herbicides. L’année suivante, ils n’ont pas pu semer leur propre semence puisque ces OGM avaient été programmés génétiquement pour n’être fertiles qu’une seule fois !
La sélection massale des paysans, celle qui a conduit depuis le début de l’agriculture (néolithique, - 8000),  à une très grande diversité des variétés cultivées, partageant chacune le même milieu écologique, est menacée. Le brevetage du vivant est une atteinte à la biodiversité, une adaptation artificielle et hégémonique, contraire à ce qu’a toujours fait la nature. On doit condamner ce projet totalitaire pour « s’approprier » la nourriture du monde.
Pour tenter de régler des problèmes agronomiques, on fait courir des risques sanitaires et on crée des pollutions environnementales. 

SOUS-EVALUATION DES RISQUES DES OGM ALIMENTAIRES
Comment les OGM destinés à l’alimentation sont-ils évalués vis-à-vis des risques sanitaires et environnementaux ?
L’évaluation est à la charge de l’entreprise qui sollicite une mise en marché. Seul le risque toxicologique est envisagé, pas celui de la pollution. L’expérimentation porte sur une seule génération de rats, donc sans recul suffisant sur la descendance, et produit, s’il le faut, des résultats falsifiés. Un membre du Haut Comité des Biotechnologies (HCB) a déclaré que « la fiabilité statistique des études sanitaires sur les OGM est insignifiante ». Il faudrait envisager les effets à long terme sur plusieurs générations de rats comme l’a fait Árpád PUSZTAÏ. Les carences des évaluations et l’opacité des résultats vis-à-vis du secret, protègent les intérêts financiers des firmes au détriment de la santé publique. L’émission « Le Monde selon Monsanto » relate comment cet empire, à grand renfort de mensonges, de pressions et de collusions avec les administrations concernées de tous les pays (49 à ce jour) où l’on cultive des OGM, est devenu le premier semencier du monde. Le projet de modernisation de l’agriculture est un alibi confortable pour revendiquer des autorisations. Pour prendre conscience des risques de la transgenèse, il faut s’aventurer, comme ce texte tente de le faire, dans la complexité de la génétique. Les élus sont-ils préparés pour refuser en connaissance de cause les demandes d’autorisation de commercialisation des OGM, surtout lorsque l’objectivité de leurs conseils en la matière est aveuglée par les conflits d’intérêts ou que leur campagne politique a été soutenue par les firmes elles-mêmes comme c’est le cas aux Etats-Unis ?

LES OGM CONTRE LA FAIM DANS LE MONDE ? Une goutte d’eau dans un océan de grandes causes !
A en croire leurs défenseurs, les OGM serviraient la cause de la faim ? Avant d’en arriver aux prétentions agronomiques de ces cultures, rappelons les causes conjoncturelles et endémiques de la famine dans le monde qui fait près d’un milliard de dénutris (< 1500 calories/j).
La faim et de la malnutrition - dont le noma, terrible maladie infantile (baisse des défenses immunitaires) - dans le monde touchent un milliard d'êtres humains dans 80 pays : Asie : 60% (Inde, Bangladesh), Afrique sub-saharienne : 15%, Amérique du sud : 15%, AFN et M O : 4%, pays riches : 2% (40 M de personnes), principalement dans les campagnes où vivent 80% des dénutris.
De nombreuses causes conjoncturelles et structurelles sont à l'origine de la faim dans le monde :

 

Les catastrophes naturelles : la sécheresse et la désertification des terres aggravées par le réchauffement climatique, les inondations, les cyclones, les incendies (Russie 2010), les tremblements de terre, les ravageurs des récoltes (criquets)...
 

Les guerres et les dictatures.
 

Les biocarburants comme alternative au pétrole sont souvent promus (aides) au détriment des cultures vivrières de base : le bio éthanol à partir de la fermentation de la canne à sucre, de l'amidon du blé ou du maïs et le biodiésel ou diester issu de l'estérification d'huiles végétales (huile de palme, colza, soja...) ou animales. Les sociétés transnationales de l'agro-business (Louis Dreyfus, Cargill, Dupont, Syngenta, ADM...), du sucre (Tereos), du pétrole (Shell, Total...), de l'industrie automobile (Mitsubishi...), de la finance (Barclays, Soc. Générale, Morgan-Stanley, Goldman Sachs...) ainsi que des fonds spéculatifs (Soros)...s'installent dans les pays du tiers monde au détriment des paysans pour développer la production d'or vert pour nos réservoirs.

Il faut arrêter les biocarburants de 1ère génération qui provoquent une catastrophe écologique (intrants) autant que sociale et donc contribuent à la faim dans le monde. En 2007, la Chine a interdit les cultures céréalières à des fins énergétiques et recommandé le manioc.
Pour certains l'avenir repose sur la deuxième génération d'agro-carburants à partir de déchets agricoles (tiges, feuilles, écorce, bois...) qui à ce jour ne sont pas rentables.

 

La spéculation boursière sur les céréales, les oléagineux, le sucre n'ont fait que renforcer la tendance haussière spécialement sur les céréales. En haute mer un container peut changer 20 fois de mains !
 

L'augmentation mondiale de la consommation de viande a contribué à la raréfaction des céréales et des oléagineux pour la consommation humaine. Il faut 15 kg de céréales et 10 000 litres d'eau pour produire 1 kg de viande, 2000 litres pour un kg de riz. En France 80% des céréales sont destinées aux animaux, 50% dans le monde (70% des terres). Le bilan carbone est catastrophique à cause des émissions de méthane et de CO2, gaz à effets de serre.
 

La corruption : beaucoup de dirigeants du sud se font les affameurs de leur propre peuple en détournant les aides destinées à l’agriculture ou même, ce qui est pire, l’aide alimentaire mondiale venant de la FAO ou du PAM. De plus, certains pays du sud signent des contrats lucratifs pour la location de terres aux groupes transnationaux destinées à des monocultures d'exportation au détriment de l'agriculture locale vivrière.
 

La politique agricole mondiale imposée par les grands pays producteurs (Europe, EU, pays émergents comme le Brésil...) avec l'aide du FMI et de la banque mondiale, n'est pas capable de lutter contre la faim dans le monde, pour certains elle la renforcerait.
1/ Le libre-échange : l'appartenance de l'agriculture à l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce) depuis 1995 a mis en concurrence les agricultures subventionnées de l'UE (aides de la PAC) et des EU avec les agricultures des pays du tiers monde. Les pays dominants agro-exportateurs commencent à envoyer des containers de produits à bas prix, parfois des surplus bradés, (poulets, œufs, maïs, viande, coton...) propres à décourager les paysans dont beaucoup deviennent ensuite les esclaves de l'agro-business local (investisseurs) ou bien vont grossir la population déshéritée des mégapoles. Puis au bout de quelques années de dumping, les prix peuvent remonter !
2/ La politique agricole des pays du tiers monde imposée par les pays riches. Sous la pression de l'OMC, du FMI et de la BM les dirigeants d'états endettés ont été contraints de :

  • Faire disparaître progressivement leurs barrières douanières qui protégeaient la production et le commerce des denrées alimentaires de base.
  • Renoncer à l'agriculture vivrière au profit des cultures d'exportation (de désendettement), des monocultures intensives mécanisées et polluantes des géants de l'agro-alimentaire : Nestlé, Unilever, Carrefour, Danone, Lactalis, Bonduelle, Bongrain, Procter et Gamble, Pepsico, COFCO...Comme le coton au Mali ; le café et le cacao en Côte d'Ivoire ; l'arachide au Sénégal ; la noix de coco en Guinée ; le soja OGM, le maïs OGM,  le quinoa en Amérique du Sud ; l'huile de palme* en Malaisie et Indonésie ; les agrumes au Brésil, dans les Caraïbes et les pays méditerranéens...et maintenant les cultures et les élevages Bio, sans oublier les agro-carburants des spéculateurs de l'or vert.
  • Recourir à l'aide alimentaire des pays riches à travers la FAO et le PAM (Programme Alimentaire Mondial).
    La plupart des pays où sévit la malnutrition n'ont pas de politique d'aides aux agricultures locales : accès à l'eau et à l'énergie (90% de l'Afrique rurale n'a pas d'électricité, routes, stockage (bâtiments, froid...). Ce sont les ONG, l'UNICEF, la FAO et paradoxalement le FMI et la BM qui assurent le développement de l'agriculture dans le cadre du projet joliment nommé "d'autosuffisance".
    *On en produit  dans le monde 50 M de tonnes, l'Europe en importe 7 M, la France 320 000 T dont 90 pour
    l'alimentaire et le reste pour sa chimie verte (biodiesel).

 

A partir de 2006, toutes ces raisons structurelles et conjoncturelles ont abouti à l'augmentation des prix des denrées alimentaires de base : riz (50% de nourriture mondiale), blé, maïs...et en 2008 aux émeutes de la faim : Égypte, Maroc, Philippines, Haïti, Bangladesh, Thaïlande, Sénégal, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Indonésie, Madagascar...Nombre de pays ont à ce moment-là, pour garantir leur souveraineté alimentaire, réduit leurs exportations de céréales (Indonésie, Chine, Inde, Vietnam, Égypte, Ukraine, Russie...), ce qui a largement contribué à l'inflation des denrées de base.
Les institutions en charge de la faim sont impuissantes face à la coalition États-Capitalisme agricole mondial. La FAO, les ONG et les réseaux paysans : Campesina, PST (paysans sans terre) au Brésil, les Zapatistes au Mexique, la marche des paysans en Inde...demandent que

  • L'agriculture sorte de l'OMC car la mondialisation conduit à la disparition des cultures vivrières
  • Les états du Nord (EU et UE à travers la PAC), réduisent l'aide aux agriculteurs pour la réorienter vers les pays du tiers monde.
  • Les produits agricoles ne soient plus des biens aliénables voire brévetables (OGM) par le grand capital*
  • La spéculation boursière soit interdite pour les aliments de première nécessité : riz, blé, mais...

Rappelons que le droit à l'alimentation, cette souveraineté à laquelle tout homme a droit fait partie de la Déclaration des Droits de l'Homme (article 25)

Cette analyse montre très nettement que la faim dans le monde ressort en partie de l'asservissement des pays du Sud par ceux du Nord. Ce n'est donc pas le manque de nourriture qui est en cause puisque le monde du Nord regorge de nourriture. Il s'en jette autant qu'il s'en consomme. Quantitativement l'agriculture industrielle mondiale peut nourrir 8 milliards d'humains.
Si l'agro-industrie est dans une impasse qualitative, économique (surplus) et écologique dramatique pour nous européens, elle ne fait qu'aggraver la famine dans le monde. Les agronomes du toujours plus doivent se reconvertir, certains ont déjà commencé en faisant leur mea culpa.
Pour assurer l’objectif d’une souveraineté alimentaire des états du sud, les nations du Nord ont le devoir d'aider les pays concernés à protéger leurs paysans avec le projet

  • De renforcer les infrastructures (routes, accès à l'eau, à la mécanisation, au stockage et à la connaissance agricole),
  • De réintroduire une agriculture traditionnelle avec des variétés et des races locales adaptées et historiquement appréciées des populations,
  • De vulgariser des pratiques agricoles douces et durables : bio, biodynamie, permaculture, agroforesterie...

Bibliographie sur la faim dans le monde

* "Les brevets sur le vivant, c'est à dire la marchandisation des connaissances sur la nature, sont une des grande menaces qui pèsent sur les capacités qu'aura notre planète à survivre" Sylvia Perez-Vitoria dans "Les Paysans sont de retour" Acte Sud 2005
« Destruction massive » Géopolitique de la faim, Jean Ziegler, Points, 2012
« La Bio, entre Business et projet de Société » sous la direction de Philippe Bacqué, Agone, 2012.
«Les nouveaux équilibres agroalimentaires mondiaux » collection "Le cercle des économistes", ouvrage collectif, PUF 2011.
« Le monde a faim » Philippe Chalmin, Bourin éditeur 2009.
« Allons-nous mourir de faim ? » Frédéric Mouchon, Calman-Levy, 2008.
« Changeons de politique agricole » Patrick Hermann (confédération paysanne), Mille et une Nuits, 2003

 

Ce douloureux constat de la faim dans le monde nous amène à considérer le rôle dérisoire que pourraient avoir les cultures OGM pour l’alimentation dans la lutte contre ce fléau, si tant est qu’elles soient en mesure de démontrer un quelconque avantage agronomique. Or, qu’en est-il ?
L’augmentation des rendements, que promettent les pro-OGM, se heurte à l’inadaptation des variétés au climat chaud où sévit la malnutrition. Les transgènes miracles (OGM xérophytes ; xéros : sec) adaptées à un environnement hostile (sécheresse, chaleur) restent toujours à l’état de projet comme ces graminées qui fixeraient l’azote de l’air à l’instar des légumineuses et se passeraient d’intrants. Si ces graminées et autres plantes vivrières transgéniques voyaient le jour sans être top chères pour les agriculteurs du tiers monde bien évidemment qu’il faudrait reconsidérer, dans ce cas là, la question de l’utilisation des OGM pour se nourrir. Par manque d’eau les rendements en Afrique sub-saharienne ne dépassent pas 13 quintaux en moyenne pour le blé (70 en France !). 
Pourquoi ne pas s’intéresser aux variétés anciennes du maïs sud-américain  résistant à la sécheresse ? Le profit escompté par les semenciers ne serait pas le même. Les firmes n’ont que le profit en point de mire et non la faim dans le monde, sans se soucier d’ailleurs de la pollution (99,9% des OGM sont des plantes pesticides) de l’environnement et des croisements toujours possibles avec les variétés conventionnelles.
Par la confiscation du vivant (brevet), les PGM portent atteinte à la biodiversité. Ils ne sont pas un progrès pour mieux  nourrir la planète mais au contraire une aliénation des paysans à une machine de guerre économique qui prend sa source aux Etats-Unis avec MONSANTO.

MONSANTO
Depuis sa création en 1901, implantée dans 46 pays, la firme de Saint Louis est devenue le leader mondial des OGM. Son histoire dans la chimie et ses développements dans la transgénèse nourrissent une des plus grandes controverses de l’histoire de l’agriculture industrielle.

Il est impossible de parler d’OGM sans parler de MONSANTO qui a breveté près de 90 % des semences génétiquement modifiées. Avant d’en arriver là, son parcours dans la chimie est tristement célèbre. Sans être exhaustif, reprenons chronologiquement les brevets qui ont rapporté beaucoup d’argent, même si certains d’entre eux ont conduit la firme devant les tribunaux et l’ont faite condamner à de lourdes amendes.
1902 Achat du brevet de la saccharine, le premier édulcorant à haut pouvoir sucrant, dérivé du goudron de houille,  découvert en 1879. Son utilisation a dominé le marché pendant près de 60 ans, puis  elle a été remplacée par les cyclamates et aujourd’hui par l’aspartame. Ses dangers (cancers de la vessie chez le rat) n’ont pas suffit à le faire interdire aux Etats-Unis, toujours sous moratoire, ni en France où il est autorisé depuis 1945 (E954).
1935 Synthèse  du PCB (polychlorobiphényle), sous le nom de Pyralène en France qui l’interdit en 1980, utilisé à grande échelle dans les réfrigérants, plastique, peinture, encre, papier, lubrifiant, liquide hydraulique, adhésif, fluide caloporteur…dont il reste des stocks considérables (transformateurs EDF toujours en fonction). Substance dangereuse par sa bioaccumulation dans les graisses et par sa non biodégradabilité (classée POP : Polluant Organique Persistant), elle s’accumule dans les sols et les eaux de rivière (Rhône).
1959 Synthèse de l’herbicide LASSO (2 4 5 trichlorophénol) ou agent Orange utilisé au Vietnam qui, lors de sa fabrication, émet la dangereuse (cancérigène) dioxine (2 3 7 8 tétrachlorodibenzo-p-dioxine ou TCDD). La même molécule constituait le nuage toxique de SEVESO qui a contaminé des dizaines de milliers d’animaux, aussitôt abattus. Cet accident a eu pour conséquence de classer les usines de productions chimiques à risques type AZF (1250 en France !). Rappelons-nous aussi la contamination de bovins, de poulets et de dindes… en Belgique en 1999 puis en Allemagne en 2011, avec un scandale concernant l’alimentation d’animaux de plus de 1000 exploitations avec une nourriture composée en partie d'acides gras provenant d’une usine d'agro-carburants ! Dans le cadre de la production de biodiesel, de l'huile végétale (sous-produit ?) est réutilisée dans l'alimentation animale !
1975 Synthèse du glyphosate : N-phosphonomiéhyglicine, l’herbicide le plus vendu dans le monde sous la marque « Roundup », autorisé en France bien qu’il soit P.O.P et que de lourdes présomptions pèsent sur sa dangerosité. 80% des PGM (maïs, soja...) sont des plantes qui résistent au Roundup, ce qui est un marché colossal. Monsanto fournit la semence puis l'herbicide pour ne pas labourer. Fabulous !
1985 Rachat du brevet de l’aspartame (E951) L-aspargyl-L-phenylalanate de méthyle, l’édulcorant le plus vendu dans le monde (autorisé en France depuis 1988), suspecté d’effets négatifs sur la santé. Le Pr Morando SOFFRITT de l’Institut de recherche cancérologique de Bologne l’a constaté sur le foie et les poumons de plusieurs générations de rats.
1993 Synthèse de l’hormone de croissante laitière – normalement produite par la vache - pour augmenter la production de lait, le  POSILAC ou rBST  (Recombinant Bovin Somatotropine) produite par transgénèse en insérant dans le génome d’une bactérie, E. coli,  un gène qui code la séquence d’acides aminés pour la synthèse de l’hormone artificielle. MONSANTO jette l’éponge car l’hormone est suspectée d’avoir de nombreux effets secondaires sur l’animal, sur l’homme et vend le brevet en 2008 à Eli Lilly.

1993 Dépôt du premier brevet OGM, un soja résistant au Roundup, Soja Roundup Ready (RR). MONSANTO détient la majorité des brevets des PGM concernant le maïs, le soja, le colza et le coton, cultivés majoritairement dans le monde. Par le biais de rachats de semenciers traditionnels, la firme devient le premier fournisseur de semences de la planète. Si l’Europe n’avait pas réagi, MONSANTO pourrait contrôler la chaine alimentaire mondiale ! Grâce à des études de toxicité bâclées, au poids d’un lobbying à tous les niveaux, la firme s’interdit le principe de précaution et préfère payer lorsque, bien plus tard, les risques sont validés et que les énormes bénéfices sont engrangés. Citons quelques procès pour lesquels il a été démontré que MONSANTO connaissait les dangers de ses inventions et les avait soigneusement cachés.
Condamnations
1987 : 180 M $ versés aux vétérans du Vietnam pour les graves effets pathologiques de l’agent Orange.
2002 : 700 M $ versés aux 3500 habitants d’un quartier déshérité d’Anniston en Alabama, dont 40% sont atteints de cancers pour avoir été contaminés par du PCB, le « fameux » Pyralène. 32 000 tonnes de déchets contaminés ont été déversés par MONSANTO dans une décharge à ciel ouvert au cœur de la communauté noire de la ville.
Plusieurs condamnations pour publicité mensongère en France  après les plaintes de « Eau et rivières de Bretagne » et de « Que Choisir » en 2008, et aux Etats-Unis pour avoir écrit sur les emballages que le Roundup était biodégradable.

Monsanto, la reine des OGM, travaille-t-elle pour ce qu’elle promet sur son site « une agriculture de qualité, compétitive et durable » ou bien pour s’enrichir sans état d’âme tout en empoisonnant le monde entier ?
Si Monsanto était une personne serait-elle toujours en liberté ?
Espoir : un Tribulal International Citoyen, mis en place à la Haye en octobre 2016, va évaluer les actions de Monsento au regard du crime écocide, inclus dans le droit international pénal. Il examinera le projet de modifier le statut de Rome qui a créé la Cour Pénale en 2002, pour inclure le crime d'écocide et de poursuivre des personnes physiques ou morales.

Il est parfaitement concevable que cette firme cherchant à se cacher (Bayer) puisse être rattrapée par ce lourd passé et être condamnée pour crimes contre l’humanité.

 

Pour des compléments voir sur Internet la célèbre émission diffusée sur Arte le 11 /03/2008 « Le monde selon Monsanto » de Marie Monique ROBIN avec la devise « Pour que le monde selon Monsanto ne soit pas le nôtre » et celle du 15/03/2011 « Du poison dans vos assiettes ». Pour le futur tribunal : www.monsanto-tribunalf.org

LA POSITION DE L’EUROPE ET DE LA FRANCE
L’Europe reste  majoritairement hostile aux cultures génétiquement modifiées sur son territoire. Sept états membres, Allemagne, Autriche, France, Grèce, Hongrie, Luxembourg et dernièrement la Bulgarie, continuent d’interdire le maïs Mon 810 à la culture. Les surfaces régressent de 10 % tous les ans depuis 2008 alors que dans le monde elles progressent d’autant et atteignent 160 M ha. La culture OGM se développe dans 29 pays dont  les Etats-Unis (45 % des surfaces agricoles),  le Brésil (20 %), l’Argentine (15 %,) l’Inde (6 %), le Canada (5 %), la Chine (2 %). Cinq plantes sont concernées le soja (50 % des OGM), soit 75 % du soja cultivé dans le monde ;  le maïs (30%), soit  30 % de la culture ; le coton (15%),  80 % de la culture mondiale et  le colza (5 %),  20 % de la culture.

De 1991 à 1998, l’UE a autorisé pour 10 ans 16 mises en marché : colza, soja, œillet, tabac, chicorée et plusieurs  variétés du maïs MON 810 destinés à la nourriture animale et humaine. Le maïs transgénique Bt MON 810 est l’objet d’une lutte sans merci car il fut un des tout premiers OGM autorisés en Europe, le seul en France, et suscite une vive polémique, sinon une guerre, chez les écologistes.  Résistant à des insectes ravageurs tels que la pyrale et la sésamie, grâce à un gène appelé cry1Ab, il  exprime en permanence par ses racines et ses feuilles, la protéine insecticide.

 

Faisant état de la longue liste de risques soulevés par cette culture que MONSANTO n’a pas révélés ou a  cachés, le gouvernement français a invoqué en 2008 la clause de sauvegarde pour interdire la culture du Bt MON 810. Puis l’Allemagne, la Hongrie, le Luxembourg, la Grèce, l’Autriche, la Bulgarie et l’Italie lui ont emboîté le pas. Devant ce refus de l’Europe,  la commission européenne qui n’a pas les moyens de mesurer les risques à travers l’AESA (Agence Européenne de Sécurité Alimentaire), laisse chaque état libre d’interdire les cultures d’OGM autorisées en Europe sous réserve de lui soumettre une liste de motifs irréfutables ! Le 8 septembre 2011 la cour de justice européenne a invalidé la claude de sauvegarde de 2008 mais le gouvernement persiste et prépare une nouvelle clause de sauvegarde pour maintenir l’interdiction en France.
Un autre combat attend les anti-OGM, celui de la pomme de terre AMFLORA autorisée par la commission européenne le 2 03 2010, exclusivement réservée à la production d’amidon industriel (textile, papier, colle, adhésif, béton…) mais dont les résidus (pulpe) pourraient être utilisés pour la consommation animale. Cette perspective effraie les opposants car cette pomme de terre transgénique contient dans son génome, associé au gène d’intérêt surproducteur d’amylopectine, un gène de reconnaissance antibiotique (voir supra p.10) largement dénoncé par le corps médical.
Une quarantaine d’OGM destinés aux animaux (soja, maïs…) sont autorisés par l’UE. Les tourteaux (pulpes) de soja (5 M T/an) et de maïs  venant des Etats Unis, du Brésil et d’Argentine, assurent 80% de l’alimentation animale française (bovins, porcs, poulets…). Aucune réglementation n’oblige le producteur et le distributeur à afficher « nourri aux OGM ». Il est donc difficile d’éviter les œufs, la viande, le lait, le beurre, la volaille… issus d’animaux nourris aux OGM dans les supermarchés qui s’approvisionnent majoritairement auprès de l’agriculture industrielle. Et pourtant l’UE rend obligatoire l’étiquetage « avec OGM » pour tout produit emballé composé (produit à partir…  et non à l’aide) avec plus de 0,9 % d’oléagineux ou de céréales, OGM ! A ce sujet faisons remarquer que l’AB français s’est aligné sur le label européen AB alors qu’auparavant toute participation OGM était interdite dans l’hexagone. Un nouveau label français AB, privé, « Bio-cohérence », comme la certification biodynamie, se prétendent « sans OGM ».

La mention « sans OGM » (règlement CE 2012) concerne des produits emballés avec un taux inférieur à 0,1 % (seuil minimum de détection).
Le lait, la viande, les œufs, le pain pourraient bénéficier de « nourri ou élaboré sans OGM » si le taux est inférieur à 0,1 %. Pour le miel mention possible si les abeilles bénéficient d’un rayon de 5 km sans culture OGM.Pour tous les artisans de l’alimentation aucune obligation n’est prévue, comme  pour les additifs autorisés par la C E (312) et les milliers de parfums naturels ou synthétiques !
Une étude dirigée par G. E. SERALINI, associant les chercheurs du CRIIGEN, dont Ch. VELOT et les Universités de Caen et de Rouen, a démontré (voir supra p. 8) la toxicité de trois maïs OGM pesticides de MONSANTO sur les organes sensibles : rein, foie, cœur, rate, surrénales, le sang. Ces chercheurs indépendants demandent qu’on respecte le principe de précaution et qu’on interdise la culture et l’importation de ce maïs. Querelles de personnes et conflits d’intérêt – certains experts membres sont impliqués dans le développement des OGM ! -  le Haut Comité des Biotechnologie (HCB), censé donner un avis autorisé, a infirmé ces conclusions. A l’instar de l’AFSSAPS (Agence Française de Sécurité Sanitaire Pour les Produits de Santé) avec le scandale de l’isoméride (MEDIATOR), le HCB pose la question de l’indépendance des avis. Différentes instances scientifiques et de défense des consommateurs réclament que la CE se dote à travers l’AESA de moyens techniques et budgétaires pour mener des contre-expertises pluridisciplinaires transparentes et indépendantes.

Le maïs MON810, de Monsanto, est le seul OGM cultivé en Europe depuis 1998.  En 2012, 132 000 hectares de la céréale transgénique ont été plantés, soit seulement 0,07 % de la surface agricole de l'Union européenne, selon les chiffres de l'association Inf'OGM. Cette production ne se limite aujourd'hui presque plus qu'à la péninsule ibérique : l'Espagne et le Portugal représentent 95 % de la production de MON810 en Europe, avec respectivement 116 000 et 9 000 hectares cultivés. Les autres — la Slovaquie, la Roumanie, la République tchèque — affichent moins de 5 %. A l'opposé, huit pays ont adopté un moratoire sur le MON810, rendant de fait la culture de ce maïs impossible : France, Hollande, Allemagne, Pologne, Italie Grèce, Autriche, Hongrie, Slovaquie.
Outre le MON810, trois semences transgéniques ont été autorisées à la culture mais abandonnées par les entreprises qui les commercialisaient, faute de débouchés : le maïs BT176 de Syngenta, le maïs T25 de Bayer et la pomme de terre Amflora de BASF. Les candidats à la culture restent néanmoins nombreux, 13 dossiers d'OGM attendent une autorisation européenne de culture, selon Inf'OGM.
Malgré l'hostilité du public, les OGM restent présents en Europe par le biais des importations. Au total, cinquante et un organismes transgéniques sont autorisés à la mise sur le marché, selon Inf'OGM : du maïs, du coton, de la betterave, de la pomme de terre et surtout du soja, dont aucun organisme ne communique le montant total des importations.
L'Union européenne est l'un des grands acheteurs mondiaux de céréales génétiquement modifiées pour alimenter son bétail. «Chaque année, l'Europe importe près de 40 millions de tonnes de soja et la France 4,5 millions de tonnes, dont plus de la moitié sont génétiquement modifiées», déplore Michel David, secrétaire national de la Confédération paysanne.
« Si une majorité d'Etats européens n'ont pas envie de cultiver des OGM sur leur territoire, ils ne peuvent pas s'opposer à leur importation car ils ne sont pas autonomes en protéines végétales pour nourrir le bétail, analyse Christophe Noisette, chargé de mission à Inf'OGM. L'Europe ne pourra pas sortir de la dépendance au soja transgénique sans une réelle implication des pouvoirs publics pour faciliter l'émergence d'une filière qui nous soit propre». D'ici là, Monsanto a enregistré 26 nouveaux dossiers d'OGM qui attendent une autorisation pour être importés en Europe

La chute des surfaces cultivées, environ 100 000 ha, en OGM en Europe incombe à l’opinion publique ; 61%  des européens sont contre. 169 régions européennes, 123 provinces et départements, 4713 conseils municipaux se sont déclarés « zones dépourvues d’OGM ».
Un autre élément de résistance en Europe est représenté par le combat farouche de l’Allemagne, du Portugal et surtout de la France, avec l’action des « Faucheurs Volontaires (FV) ». Créé en 1997, officialisé en 2003, ce mouvement regroupe en France 8000 militants dont la Confédération Paysanne, les Verts, ATTAC et Greenpeace. 70% des français sont opposés aux OGM. 16 régions les  refusent, 1500 communes ont pris des arrêtés pour les  interdire.
Les FV s’attaquent aux champs expérimentaux pour la médecine et la pharmacie, considérant que ces recherches doivent être confinées en laboratoire. En effet les cultures OGM contaminent les cultures traditionnelles par diffusion éolienne du pollen et particulièrement celles certifiées en bio et en biodynamie. Ils revendiquent un moratoire pour démontrer l’innocuité  des OGM, devant les incertitudes et les valeurs insuffisantes des tests relatifs à la toxicité sur la santé humaine, offertes par les firmes détentrices des brevets. Ils préconisent de confier l’expérimentation à des organismes indépendants comme le CRIIGEN car on doit privilégier la sécurité des populations et non les intérêts des industriels qui déposent des brevets sur le vivant au prétexte fallacieux de faire un monde meilleur. Au fur et à mesure des « neutralisations » de cultures,  la dimension sacrificielle du mouvement a frappé les esprits.  Au risque de procès, de lourdes amendes et de peine de prison, les FV, conduits par le médiatique José BOVE, sont des éveilleurs de conscience qui alertent les citoyens sur le principe de précaution.

CONCLUSION
Jusqu’en 1980, le vivant (animal, végétal, microorganisme) appartenait au patrimoine de l’humanité ; il était inaliénable. Le droit de propriété ne concernait que les choses inertes. Prétextant de lourds investissements et donc voulant protéger leur création, les firmes américaines (MONSANTO) ont obtenu que les OGM soient considérés comme n’importe quelle technologie. En même temps, la privatisation du vivant était en marche ailleurs : séquençage du génome, clones animaux…

Les brevets sur les semences rendent les paysans du monde dépendants, surtout avec les variétés « terminator » dont le génome est manipulé de telle façon que la seconde génération soit stérile et que le paysan ne puisse pas ressemer les graines récoltées ! (voir supra « les graines du suicide » dans l’Adrhra Pradesh en Inde). De surcroît, cette technologie qui uniformise le matériel végétal va à l’encontre de la biodiversité tant chantée, pollue l’environnement et présente pour les hommes et les animaux une toxicité alimentaire à court et long terme.
Déjà asservi à la grande distribution, le paysan le devient à l’industrie et à la finance tout en étant un pourvoyeur  ou un  grand utilisateur de pesticides. On est loin du bio, l’agriculture espérée pour demain avec ses stratégies subtiles, non invasives,  en phase avec la nature et  les attentes des consommateurs.
L’opinion est hostile aux OGM alimentaires par ignorance. Ne le serait-elle pas encore plus en connaissance de cause ? Comment les citoyens pourraient-ils ne pas douter d’une science qui s’est souvent avérée sans conscience ? Citons quelques drames sanitaires : DDT, PCB, dioxine, hormones, farines animales (vache folle et maladie à prion…) et de nombreux accidents, intoxications graves ou mortelles causés par des molécules chimiques (amiante) ou pharmaceutiques (Stator, Agréal, talc Morhange, Distilbène nocif sur trois générations, Thalidomide, sang contaminé, Vioxx, Céresvétine…) autorisées sans études toxicologiques sérieuses et retirées par force du marché. Comme le MEDIATOR, qui subitement a entraîné avec lui la suppression d’une cohorte de molécules allègrement autorisées malgré  la dénonciation répétées des risques.
La méfiance pour les OGM va de pair avec les doutes sur la compétence et l’indépendance des organismes de surveillance qu’il est grand temps de réformer tant en France qu’au niveau européen.
Le débat entre « OG  - aime et OG – haine » est tellement passionnel qu’il s’agit véritablement, et particulièrement en France, d’une question de société pour laquelle s’impose un débat démocratique.

*Un article de J RIPOCHE  dans SO du 19 10 relate que depuis 10 ans on mène au CHANGE (24) des expérimentations de culture bio sur « des variétés paysannes de maïs (70), tournesol (7), sorgho et sarrasin », non hybrides dont le matériel de départ provient du Brésil et du Mexique. Hors sécheresse, les rendements du maïs peuvent atteindre 80 quintaux /ha avec possibilité de réutilisation de la semence l’année suivante. Ce mouvement (sans dénomination ? sans site) regroupe 260 agriculteurs dont le chef de file est Bertrand LASSAIGNE au CHANGE.

ANNEXES  COMPLEMENTS AUX ELEMENTS DE GENETIQUE

Le code génétique
Chaque chromosome est une macromolécule d’ADN (acide désoxyribonucléique), un polymère de  nucléotides (106 à 108). Chaque nucléotide est constitué d’un sucre (désoxyribose) et d’un phosphate formant l’un des brins, reliés à l’intérieur à une base (acide aminé) unie à une base complémentaire du nucléotide opposé formant l’autre brin. La double hélice est donc la succession de nucléotides qui se font face par leurs bases à l’intérieur, lesquels forment avec les deux brins comme les barreaux d’une échelle. L’information génétique portée par les chromosomes correspond à la succession spécifique de quatre bases, (Adénine (A), Thymine (T), Guanine (G), Cytosine (C)) de telle façon que A – T et G – C soient toujours appareillées ainsi pour former les barreaux de l’échelle. Un chromosome comprend plusieurs gènes avec pour chacun un début (« promoteur ») et une fin (« terminateur ») reconnus par l’ARN polymérase. Un gène  est défini par la nature des bases, l’ordre de succession et  leur nombre, de 300 à 3000. Le code génétique (pour un gène) est donc cette séquence propre que l’on représente comme un texte écrit avec un alphabet de 4 lettres, A, T, G, C. Séquencer le génome c’est déterminer la succession des acides aminés que comporte chaque gène tout au long de la double hélice. Le génome humain (20 à 25 000 gènes) représente une chaîne de lettres dont l’écriture abrégée en initiales majuscules remplit 10 000 feuillets A 4 ! Ce grand livre est connu. Par contre on est loin d’avoir décrypté le rôle de chacun des gènes, beaucoup étant inactifs, d’autres ayant plusieurs fonctions. 3 à 5 % seulement de l’ADN seraient actifs (codants). Un gène est lui-même la succession de séquences codantes (exons) et non codantes (introns) qui sont éliminées dans l’ARN messager lors de la traduction.

La transcription
Pour lancer la synthèse d’une protéine dont le corps a besoin, un messager  va lire l’information portée par le gène considéré d’une cellule capable de la produire. Une augmentation de la glycémie, par exemple, stimule un gène spécifique des cellules du pancréas et provoque la synthèse d’une protéine (hormone) de régulation : l’insuline. Par l’intermédiaire d’un enzyme, l’ARN polymérase, un des deux brins du chromosome s’ouvre au niveau du promoteur e

Une augmentation de la glycémie, par exemple, stimule un gène spécifique des cellules du pancréas et provoque la synthèse d’une protéine (hormone) de régulation : l’insuline. Par l’intermédiaire d’un enzyme, l’ARN polymérase, un des deux brins du chromosome s’ouvre au niveau du promoteur et commence la synthèse de la molécule d’ARN

On passe de l’information génétique sous la forme nucléotidique à la forme protéique. L’ARN messager avec la combinaison de ces quatre bases (A, U, G, C) code la synthèse des douze acides aminés comme constituants nécessaires (acide aspartique, acide glutamique, alanine, arginine, asparagine, cystine, glutamine, histidine, proline, serine, tyrosine, glutathion) mais pas suffisants.
Huit acides aminés, dits essentiels, sont apportés par l’alimentation : leucine, thréonine, lysine, tryptophane, phénylalanine, valine, méthionine, isoleucine.
Pour que cette traduction intervienne, il faut qu’un acide aminé soit signifié (codé) par un triplet de trois bases de l’ARN messager, appelé codon. Comme il y a quatre bases on a 43 soit 64 codons possibles. Ce qui signifie qu’un acide aminé peut être codé par plusieurs codons dits synonymes. Ce passage d’un langage par paire à un autre, par triplet, est bien une traduction qui obéit à un code génétique. Elle a lieu dans plusieurs organites cytoplasmiques - les ribosomes, le réticulum endoplasmique et l’appareil de Golgi - selon trois phases, initiation, élongation, terminaison, en présence d’enzymes, d’énergie et de nombreux facteurs. L’ARN transfert est chargé d’amener dans les ribosomes les acides aminés commandés par l’ARN messager.
L’ordre dans lequel sont ajoutés successivement les acides aminés pour une protéine en cours de construction est déterminé par l’ARN messager, copie de l’ADN du gène correspondant. Un gène peut synthétiser plusieurs ARN messagers différents et donc plusieurs protéines différentes. La formation et le rôle de l’ARN messager ont été élucidés en 2003. Le processus dépend d’une foule de protéines, elles mêmes codées par une foule de gènes. On devine à quel point la moindre mutation naturelle et, qui plus est, provoquée, peut avoir de conséquences sur la synthèse des protéines.

LES PROTEINES
A part les cellules sexuelles et les globules rouges, toutes les cellules du corps ont le même génome mais selon leur spécificité, l’organe auquel elles appartiennent (rein, poumon, cœur, foie, pancréas, muscle, sang, peau…), elles synthétisent des protéines différentes. Par le jeu d’activation ou d’inhibition au niveau du promoteur, un gène s’exprime ou pas. Ainsi des groupes cellulaires se sont spécialisés en tissus qui exercent des fonctions différentes, et en particulier qui produisent des protéines spécifiques. Des fonctions structurelles (peau, muscle, tendon, viscères…), hormonales comme médiateurs (insuline, thyroxine…), enzymatiques (protéases, amylases, lipases…), de neurotransmetteur (dopamine, sérotonine…), de transport (hémoglobine pour l’oxygène), de défense immunitaire (anticorps…). Cette différenciation intervient aussi entre les individus et particulièrement au niveau des caractères physiques (phénotype). En dehors des phases de duplication (mitose), une cellule passe la majorité de son temps à synthétiser de l’ARN et des protéines.
Les protéines, au nombre de plusieurs milliers, constituent plus de la moitié du poids sec de l’homme. Ce sont des chaînes d’acides aminés : des peptides (< 20) ou des polypeptides (<100). Il existe une centaine d’acides aminés différents (NH2-CHR-COOH) dans la nature mais une vingtaine seulement se retrouve dans le règne animal. Chaque protéine est constituée d’une chaîne linéaire d’acides aminés ayant chacun des caractères chimiques propres ; ce qui correspond à la structure primaire de la protéine. L’organisation spatiale de la protéine, son repliement en hélice (alpha ou beta) dans l’espace dictée par la séquence des acides aminés, définit sa structure secondaire. Certaines grosses protéines (enzymes) sont constituées de plusieurs chaînes de polypeptidiques agencées dans l’espace de façon très précise. Lors du repliement, une régulation très complexe guide les opérations comme dans les deux phases précédentes de transcription et traduction. Diverses interactions (protéines chaperonnes, effecteurs allostériques…) ainsi que des facteurs environnementaux cytoplasmiques, influencent le mécanisme spatial. En raison de plusieurs voies possibles de repliement, il existe de nombreuses structures possibles. Dans certaines conditions les protéines ne peuvent pas se replier dans leur forme biochimique fonctionnelle normale et parfois ne possèdent ni structure secondaire ou tertiaire. Elles sont dénaturées et forment une pelote aléatoire, parfois irréversibles si les protéines chaperonnes ne peuvent aider à un nouveau repliement. En cas d’échec, la protéine se résout en agrégats amorphes et insolubles. Un dysfonctionnement qui intervient dans de nombreuses maladies infectieuses ou dégénératives.
Les acides aminés essentiels qui ne sont pas fabriqués in vivo chez les mammifères doivent être apportés par l’alimentation car ils sont indispensables à la fabrication des protéines dans la cellule. Des protéases présentes dans le tube digestif (pepsine, trypsine…) attaquent les protéines animales ou végétales ingérées. Les acides aminés libérés traversent la muqueuse et, véhiculés par le sang, rejoignent le pool des vingt acides aminés disponibles dont les cellules ont besoin. Il est donc nécessaire de manger quotidiennement des protéines animales ou végétales (céréales, féculents, légumes secs, soja) et de varier les apports.

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À propos

Franck Dubourdieu

Œnologue-Consultant, critique indépendant, bloggeur

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